Il était une fois, un reporter à Bouaké

Mai 2015. Je décidais de me rendre pour la première fois à Bouaké, l’ex-capitale de la rébellion ivoirienne. Par le passé, je n’aurais jamais imaginé fouler le sol de cette ville. La simple évocation de son nom suscitait en moi une peur bleue. Adolescent, j’ai entendu dire que Bouaké servait d’abri aux assaillants, au point d’en devenir leur capitale. Adolescent, j’ai entendu dire que Bouaké était le cimetière de milliers de personnes, un no man’s land où personne ne pouvait mettre les pieds. Une zone où on buvait le sang humain. Bref, une zone où l’horreur, la méchanceté, le désordre régnaient naturellement. Poursuivre la lecture