Chronique / Immigration clandestine, on n’est nulle part mieux que chez soi

Article : Chronique / Immigration clandestine, on n’est nulle part mieux que chez soi
3 mars 2020

Chronique / Immigration clandestine, on n’est nulle part mieux que chez soi

acturoutes.info

Les chiffres donnent froid dans le dos. Près de 20 000 migrants noyés dans la méditerranée entre 2014 et 2019. Ces chiffres alarmants ont été révélés le 14 février 2020, par l’OIM, Organisation internationale des migrations lors d’un séminaire en Italie. L’organisation accuse les pays européens de rendre difficile l’accès aux migrants à leurs territoires, ce qui explique aussi les morts dans la méditerranée. Mais diantre, comment en sommes-nous arrivés là ?

Par définition, le mot immigration vient du latin in-migrare qui signifie « rentrer dans un lieu », selon Wikipédia. Elle désigne l’entrée, dans un pays ou une aire géographique donnée, de personnes étrangères qui y viennent pour un long séjour ou pour s’y installer.

D’un point de vue sociologique, il s’agit d’un phénomène désignant des mouvements de population d’un territoire vers un autre. Somme théorique, à un moment donné, des flux d’immigrés et des stocks de personnes immigrées depuis un temps déterminé sur le territoire.

L’Afrique, championne de la clandestinité

Les raisons de l’immigration sont diverses. Elles sont professionnelle, politique, sécuritaire, économique, personnelle, familiale ou même fiscale. Cependant là où le bât blesse, c’est que le continent africain est champion de la clandestinité, de l’irrégularité. En clair, des milliers de jeunes préfèrent prendre la route du désert à la quête d’un mieux-être en Europe. On se plaint de la lourdeur administrative des ambassades pour obtenir le visa. Pourtant, les sommes dépensées lors du trajet illégal sont estimées à 1,5 millions de F Cfa. Et 80% des migrants de retour, après échec, affirment avoir financé eux-mêmes le voyage, selon l’OIM bureau Côte d’Ivoire.

La raison valable sans doute, est celle de la recherche de l’espoir perdu chez soi. Malheureusement cette quête est freinée par les risques et dangers sur le chemin. Le trafic de migrants et d’êtres humains découverts en Libye en 2017. Les embarcations de fortune échouent chaque jour sur les côtes de Lampedusa. Les pays européens intransigeants, interdisent l’entrée sur leur territoire. Mais comment remédier à cette situation ?

Le retour des enfants prodiges

La Côte d’Ivoire a opté pour la politique de retour volontaire des migrants. Mieux, des ex-migrants bénéficient des programmes de réinsertion socioprofessionnelle, pour les décourager à reprendre le chemin du désert. Une action certes à saluer. Mais il faut attaquer le mal par la racine. En effet, il est temps de déconstruire la conception de l’Occident dans nos familles, nos écoles, nos médias, nos administrations publiques et privées. En Europe comme en Afrique, la pauvreté sévit. Partout il y a la crise économique. Il est temps de faire comprendre à la jeunesse africaine qu’elle peut construire son eldorado chez elle et y réaliser ses rêves par le travail. Pas besoin de risquer sa vie pour un bonheur imaginaire. A l’État, surtout, de créer les conditions propices au développement. C’est vrai, on vit là où on se sent mieux. Mais, « il n’y a pas joie plus grande que de se sentir bien chez soi », remarque avec pertinence, l’auteur français Serge Zeller.

Lama

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