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Tabaski, les consommateurs dénoncent le prix du mouton

Cette année, près de 120 000 bêtes seront présentes sur le marché ivoirien. Ces bêtes sont pour la plupart en provenance du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Il existe certes des parcs à bétails à travers la ville d’Abidjan dont le plus grand se trouve dans la commune de Port Bouët. Les moutons arrivent soit par train, soit sur la route. A ce niveau, l’Etat de Côte d’Ivoire a supprimé tous les faux frais liés au transport des bêtes. Le seul contrôle existant est au niveau des frontières afin de s’assurer l’état de santé des ruminants. Cela veut dire également qu’il est mis fin aux escortes des remorques. Pour me résumer, tous les frais d’installations et de contrôle sanitaire, s’élèvent  à 180 000 F CFA.

Malgré cet effort du gouvernement, comment comprendre la cherté du mouton sur le marché ivoirien ? Voici quelques raisons que nous avons décelées.

D’abord, les multiples intermédiaires entre acheteurs et vendeurs occasionnent la hausse du prix du mouton. En effet, dans le jargon des vendeurs, on parle de tutorat. Il s’agit de commerçants étrangers qui hébergent leurs bétails sur les parcs de tuteurs. Ceux-ci ont leurs mots à dire pendant les négociations avec le client. Parfois leurs décisions sont celles qui priment, puisque les commerçants ne connaissent visiblement pas le terrain. Alors ils subissent le dictat de leurs tuteurs, en un mot.

La 2è raison qui pourrait expliquer le coût excessif du mouton, c’est l’existence des courtiers, appelés dans le jargon Cocseurs. A la place des véritables vendeurs, ils prennent la responsabilité de plusieurs bêtes qu’ils promènent aux abords des marchés juste à l’entrée. Pour les clients qui ne souhaitent pas entrer à l’intérieur, ils se bornent à négocier avec leurs premiers interlocuteurs. Et parfois, on assiste à la surenchère.

La 3è raison qu’évoquent les vendeurs, ce sont les différentes dépenses engagées pour l’entretien des moutons dans les enclos. En effet, à l’approche de la tabaski, les aliments des bêtes subissent une hausse des prix. Pour les aliments qu’on achète en période ordinaire à 500F le jour, cette somme passe au triple voire même est quadruplée.

La 4è raison que nous avons identifié également c’est que le secteur du bétail n’est pas réglementé. Chaque vendeur fixe le prix qu’il veut, et comme il veut, en fonction de la loi du marché, c’est-à-dire la loi de l’offre et de la demande. Lorsqu’il y a suffisamment de moutons sur le marché, on assiste à une baisse générale du prix. Toutefois quand il y a pénurie de bête sur le marché, les prix s’envolent. A ajouter que la Côte d’Ivoire est une économie ultra libérale. L’un des inconvénients, c’est la montée en puissance des cartels. Les vendeurs peuvent décider entre eux de fixer le prix, même s’il n’y a pas de pénurie. Les trois dernières années, nous avons assisté à cette situation au point où des vendeurs se sont retournés avec leurs moutons après la Tabaski. Tout simplement parce qu’ils ont fait de la rétention, afin de créer une situation de pénurie.

La dernière raison qui expliquerait la cherté du prix du mouton, c’est le manque d’intérêt des ivoiriens pour l’élevage du mouton. Comme on le voit, le secteur bétail et viande a le vent en poupe. C’est une activité qui nourrit son homme. Cependant les ivoiriens ne sont pas nombreux à investir dans ce domaine, pour des raisons que nous ne sommes pas en mesure d’expliquer ici.

Par ailleurs, voici quelques propositions pertinentes recueillies. En effet, il faut plus d’implication de l’Etat de Côte d’Ivoire dans la filière du bétail. En d’autres termes, il faut passer à la phase répressive pour réduire sensiblement les faux frais de transport, de parking des moutons et des frais liés à l’entretien. Ensuite, il faut la fixation d’un prix homologué des moutons, en fonction des critères qui seront rendus publics. Mieux d’autres estiment qu’il faut fixer le prix du mouton en fonction de son poids. Par exemple, un mouton de 30 kg correspond à 60 000F, 40 kg 70 0000F ; 60 kg à 150 000F etc.

Enfin l’ivoirien doit investir davantage dans ce secteur d’activité générateur de revenu, et surtout professionnaliser cette activité en attirant des investissements via les banques nationales et investisseurs de l’étranger.

Lama

 

 

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